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La Caminade

L'entrée de la Caminade

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Cazals la médiévale

 

Bien que le Quercy soit connu pour ses sites préhistoriques, aucun signe éloquent de peuplement pour Cazals n’est attesté avant le Moyen-Age en dehors des modestes gariottes, preuves d’une activité pastorale et viticole ancestrale.

 

Une paroisse champêtreeglise de cazals

Au Xème siècle, une petite église romane, Notre-Dame de Ginolhac fut construite sur un étroit tuquet dominant la vallée de la Masse. Elle rassembla un premier peuplement rural très modeste constitué de paysans qui se regroupaient pour tenter de se protéger lors des invasions. Ce piton étroit ne permettant aucune fortification, au XIème siècle l’habitat va se concentrer au sein d’un « castrum ».

  

 

 

 

Un bourg fortifié

image fictive

Les puissants seigneurs de Gourdon font alors le choix stratégique de bâtir une forteresse sur un autre promontoire plus large, leur permettant de contrôler la voie antique vers Cahors et la basse vallée de la Masse ainsi que le chemin de Gourdon.

Ce nouveau site est propice à la construction d’un château, d’une tour seigneuriale, de la Caminade (presbytère), de la chapelle castrale Saint Martin et de maisons fortes.

Autour de la place Saint Martin s’organise alors l’habitat avec un bourg de peuplement appelé « la Ville ». Ce fort est ceint de remparts et de fossés. Les vassaux y établissent quelques familles de serfs afin de faire du commerce susceptible de leur procurer des ressources financières. Ce castrum constitue donc une infrastructure tout à la fois militaire, administrative et socio-économique. En 1196 le traité qui met fin à la guerre entre le comte de Toulouse et le roi d’Angleterre mentionne ce castrum.

Entre les remparts et le chemin de Salviac s’installe le barri, quartier agricole avec ses humbles maisonnettes et ses grandes parcelles de jardins carrés qui donneront le nom de Cazals à ce nouveau peuplement voulu et organisé.


Cazals devient prospère grâce à la proximité de la voie antique Cahors-Périgueux. Cet axe est emprunté par de nombreux marchands qui se rendent à la Rochelle ou à Montpellier sur l’unique route commerciale reliant la Méditerranée à l’Atlantique. Ce passage est donc bénéfique pour Cazals et ses habitants sous la forme de foires et d’auberges florissantes.

Cazals se trouve aussi sur un chemin secondaire le « cami roumieu » pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui font le détour par Rocamadour et son sanctuaire avant de rejoindre Fumel.

Mais ce carrefour vers Gourdon, Fumel, Cahors et le Périgord expose Cazals en temps de guerre, le rendant très vulnérable. C’est pourquoi la position de son castrum va lui assigner un rôle militaire défensif pendant la Guerre de Cent Ans.

 

La Bastide de Montolza 

 

La Bastide de Montolza fut fondée le jour de l’Ascension 1319. Guillaume de Toulouse ou de Tolza, sénéchal et valet du roi d’Angleterre en Périgord et Quercy, sur instruction de Guillaume de bastideMontégut, chevalier sénéchal du duché de Guyenne, octroya à cette date aux habitants de Cazals, privilèges et libertés. Le nom de Montolza s’explique par la contraction de Montégut et de Tolza. Cette ville nouvelle fortifiée, située entre le castrum et Notre-Dame de Ginolhac sera aménagée selon un plan précis. En effet, la création d’une bastide obéissait surtout à des nécessités économiques comme en attestait une halle au-dessus de laquelle siégeaient les consuls. Ce bâtiment fut démoli lors de l’aménagement de la route départementale Gourdon-Fumel.

Bien qu’elle n’ait jamais pu être retrouvée, les historiens s’accordent à dire que la charte de 1319 permettait aux Cazalais de percevoir au profit de leur communauté les droits de péages aux entrées du bourg et les taxes sur les marchandises et les bestiaux lors des deux marchés hebdomadaires des lundis et vendredis. Désormais ce sont les consuls qui vont assurer la direction et l’administration de la Bastide de Montolza au niveau juridique, fiscal, défensif et policier en lieu et place d’un seigneur.

 

Après la Guerre de Cent ans, Cazals déserte et détruite sera repeuplée principalement par des Limousins et des Auvergnats, vers 1440-1450. Ces nouveaux venus vont retravailler la terre, planter de la vigne et dynamiser l’artisanat. Dix ans après la Guerre de Cent ans, Cazals va pouvoir retrouver sa prospérité grâce à ses foires et à ses marchés.

 

C’est à cette époque que Cazals va prendre le visage que nous lui connaissons aujourd’hui : au nord-ouest la paroisse Notre-Dame de Ginolhac devenue l’église Notre-Dame de l’Assomption ; à l’est le castrum et entre les deux la Bastide de Montolza.

Même si certains actes notariés mentionnèrent longtemps notre commune sous le nom de Cazals alias Montolza, le nom de Cazals va s’imposer jusqu’à nos jours.

 

L’histoire intégrale de Cazals est à retrouver dans le livre de Françoise AURICOSTE : Cazals (Lot) au XIXe siècle. En vente à la mairie ou au Tabac-Presse de la Place.

 Cazals Auricoste couv

 

Cazals, berceau d’un grand poète de cour de la Renaissance

A Cazals, sur l’un des piliers de l’Hôtel de ville, le visiteur peut lire ces vers de Clément Marot, un des précurseurs du mouvement de la Pléiade :

 

Quercy, Salel de toy se vanteraHugues Salel min

Et comme croy de moi ne se taira

 

Mais qui est donc cet Hugues Salel qui fit l’admiration de Clément Marot et la fierté de notre commune ?

Né à Cazals en 1504 et mort à Saint-Chéron près de Chartres, Hugues Salel fut un érudit et un grand poète de la Renaissance. Après avoir fait ses humanités à Cahors puis à Toulouse, le jeune Salel devint valet de chambre de François 1er. Le roi en fit rapidement un de ses grands maîtres d’hôtel tant il l’appréciait. Olivier de Magny, un autre poète lotois de la Renaissance lui décerna dans un de ses épîtres, le titre enviable de conseiller et aumônier de la reine. Salel reçut ensuite en bénéfice l’abbaye de Saint-Chéron où il s’éteignit en 1553 en sa cinquantième année. Comme Clément Marot, Hugues Salel composait des épîtres et des épigrammes.

Sa carrière poétique débuta en 1534 avec un charmant dialogue imaginaire, une conversation polissonne et précieuse entre Jupiter et Cupidon.
Toute sa connaissance de l’Antiquité transpire déjà dans ces vers :

Un jour Vénus, désirant me fâcher 
Pour un dépit piéça ! sur moi conçu ;
Fit à son fils Cupidon de lâcher 
Un trait sur moi, mais il fut bien déçu, 
Car, aussitôt que j'eus le coup reçu, 
Et que la plaie était fraîche et entière, 
Pallas y mit tel onguent et matière 
Que je me vis guéri le lendemain ; 
Arrière donc, Vénus rebelle et fière, 
Puisque Minerve y met pour moi la main.
 

Sur le plan des idées, on retiendra de lui qu’il sut défendre Rabelais menacé par les foudres de l’Église. Il publia d’ailleurs un dizain en tête du Pantagruel ce qui lui valut tout de suite une grande notoriété chez les lettrés. Salel était présent à l’occasion d’une visite pacifique du grand rival de François 1er, l’empereur Charles Quint et ce fut l’occasion pour lui de présenter La Chasse Royale, contenant la prise du sanglier Discord, œuvre qui constituait une habile métaphore pour vanter la capacité des deux souverains à trouver entre eux une concorde durable. La poésie joua ce jour-là un rôle éminemment diplomatique.

Sa valeur intellectuelle incite François 1er à lui commander une traduction du grec ancien au français de l’Iliade d’Homère en décasyllabes. C’est une révolution car tous les ouvrages des anciens n’étaient jusque-là traduits qu’en latin que seuls les clercs pouvaient comprendre. Peut-être Salel s’est-il servi pour ce travail de la traduction latine de Lorenzo Valla. Sa traduction est précédée d’un Epistre de Dame Poésie, au très-chrestien Roy de France François, le premier de ce nom. Tout un programme. Malheureusement Salel ne pourra pas achever ce travail de titan et c’est finalement Amadis Jamyn le secrétaire de Joachim du Bellay qui s’en chargera et qui en verra la publication en 1580. On le voit, Salel participe à cette dynamique qui sera celle des poètes de la Pléiade et qu’encouragera François 1er et surtout son érudite sœur, Marguerite de Navarre : donner à la langue française ses lettres de noblesse, rendre les œuvres accessibles à tous ceux qui savaient lire.

 

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